Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale



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Le Centre Paul-Albert Février présente le projet ANR "Didaskalos"

Le projet Didaskalos porte sur le Commentaire à la Métaphysique d’Alexandre d’Aphrodise, sur son herméneutique et, plus généralement, sur la philosophie de son époque (IIème s.-IIIème s. ap. J.-C.).
Il a pour objectifs : de publier la première traduction en français des cinq livres conservés du Commentaire à la Métaphysique d’Alexandre d’Aphrodise, de mettre à la disposition des chercheurs des outils numériques permettant d’étudier l’herméneutique alexandrinienne et le vocabulaire philosophique des IIème s. et IIIème s., de fédérer et promouvoir les recherches portant sur Alexandre, son époque et sa réception.

Le projet s’intitule Didaskalos en référence à la fonction qu’occupe Alexandre à la fin du IIème s. de notre ère : professeur, détenteur de la chaire impériale de philosophie aristotélicienne d’Athènes.

Il est conduit par laboratoires (unités mixtes de recherche) :
- Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale/Centre Paul-Albert Février (UMR 7297)
- Sciences, Philosophie, Histoire (UMR 7219-SPHERE)
- Savoirs Textes Langage (l’UMR 8163-STL)

Le Commentaire à la Métaphysique est un commentaire "lemmatique" qui interprète l’œuvre d’Aristote de façon continue. Seuls les commentaires des 5 premiers livres de la Métaphysique (Α, α, Β, Γ, Δ) nous ont été transmis.

Sur l’axe diachronique, il s’agit du plus ancien commentaire transmis de la Métaphysique d’Aristote. Le Commentaire d’Alexandre a servi de modèle et de source pour les commentaires ultérieurs, grecs, byzantins, arabes et latins. Il oriente ainsi la transmission de l’aristotélisme à la philosophie grecque ultérieure (les commentateurs néoplatoniciens), ainsi que la suite de sa réception par la pensée médiévale byzantine, arabe et latine. Cela sur l’aval, mais, en amont, il recueille aussi l’effet des débats antérieurs de la tradition du Péripatos dont il témoigne. Il s’agit donc d’un centre de transmission.

Sur l’axe synchronique, il s’agit :
- de la confrontation de l’aristotélisme avec la philosophie dominante de l’époque impériale : le stoïcisme ;
- de la première transmission de l’aristotélisme à un mouvement philosophique naissant : le néoplatonisme. Plotin lit Aristote à partir du commentaire alexandrinien et les auteurs néoplatoniciens plus tardifs, notamment Simplicius, croiseront leurs lectures et commentaires d’Aristote et de Plotin, constituant ainsi le socle du syncrétisme de la pensée philosophique païenne. Les débats sont intenses entre ces trois traditions philosophiques. Alexandre peut donc figurer comme un immense échangeur diachronique et synchronique de la pensée philosophique du IIème s.

Le propos est :

- de dégager, à partir d’un travail précis et technique de traduction, d’annotations et de commentaires, la nature et l’extension de "l’effet Alexandre d’Aphrodise" dans la transmission de l’aristotélisme ;

- de le situer dans le réseau des savoirs philosophiques et scientifiques du IIème s. Il ne s’agit donc pas d’un simple travail de traduction, bien qu’il n’y ait aucune traduction en langue française de ce texte, pourtant central. La traduction d’un texte aussi difficile ne peut être que le résultat secondaire d’un travail d’analyse microscopique, destiné à percevoir les effets de la position du commentateur sur le texte source d’Aristote. Quand l’Exégète est également le représentant officiel de la philosophie aristotélicienne, il a une vue synoptique des œuvres de son auteur et il convoque des textes éloignés les uns des autres pour donner une interprétation systématique des passages à élucider. Mais ce souci de fidélité à l’original produit un déplacement d’importance qui n’est rien moins que le changement du style de l’expression philosophique : du style dialectique de la philosophie grecque classique, et en particulier de la Métaphysique d’Aristote, on passe au style systématique et scolastique de l’exégèse. En outre, les débats d’Alexandre avec la philosophie qui lui est contemporaine le conduisent bien souvent à des emprunts lexicaux dont il est nécessaire de mesurer les enjeux sur les déplacements conceptuels qu’il transmettra à toute la postérité.

Objectifs
Le projet vise concrètement :
* La publication en 5 livres de la traduction annotée du Commentaire à la Métaphysique d’Alexandre d’Aphrodise

* La réalisation d’une base de données comportant :
- le texte grec du Commentaire à la Métaphysique d’Alexandre,
- les citations d’Aristote,
- un lexique philosophique et technique des IIème et IIIème siècles ap. J.-C.

L’organisation
- d’un colloque international sur l’interprétation alexandrinienne de la métaphysique d’Aristote (et la publication de ses Actes),
- d’une journée doctorale sur Alexandre d’Aphrodise et son époque (dont les conférences seront publiées en ligne sur ce Carnet de Recherche),
- d’une journée de diffusion des savoirs dans le cadre des Journées de l’Antiquité.

L’équipe a ouvert un carnet de recherche sur "Hypothèses.org" qui informe sur le déroulement du projet, les grandes étapes, les séminaires...
- Consultez le Carnet de recherche

ÉQUIPE

Ce projet de recherche coordonné par Anne Balansard (CPAF), est donc financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR). Il réunit également Cristina Cerami, Annick Jaulin, Laurent Lavaud, Michel Crubellier, Gweltaz Guyomarc’h et Claire Louguet.

- Pour avoir plus d’informations concernant ces chercheurs rendez-vous sur la page équipe du Carnet de recherche