Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale



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Noyon Alain

Doctorant en histoire

Contact : alainnoyon@aol.com

 

THÈSE EN COURS SUR...

- "Le succès du christianisme antique à la lumière du marketing", sous la direction de Katell Berthelot

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PRÉSENTATION DE LA THÈSE

La théorie de l’existence d’un "marché des religions", dans l’empire romain, défendue par Rodney Stark, Judith Lieu, et John North, propose une représentation nouvelle et globale de la situation d’interaction entre le christianisme et son environnement, non limitée au seul paganisme classique et au judaïsme, dans un empire romain qui évolue d’une situation de type monopolistique d’un culte civique partagé vers une situation où l’adhésion devient un objet de discussion, de doute et d’angoisse.
S’inscrire dans une telle logique peut être productif. L’idée est alors d’utiliser des outils du marketing, à titre heuristique, pour analyser cette situation de marché de façon "méthodique" et de déceler les atouts compétitifs et distinctifs du christianisme. Il s’agit de conduire une analyse sous un angle différent :
- qui permette de faire le tri parmi toutes les raisons avancées par les uns ou les autres, sur une question précise : le ou les facteurs clés de réussite (ou non) du christianisme avant l’arrivée de Constantin ;
- qui s’appuie sur la perception des contemporains, opposants ou défenseurs.
Le concept de "marketing" n’a évidemment aucune réalité dans les premiers siècles de notre ère, c’est un anachronisme mais, comme tel, il puise sa force "en faisant violence à l’histoire" car il permet de penser autrement la question. Le fait de vouloir croiser "marketing" et "christianisme" est d’ailleurs nouveau, l’historiographie sur ce thème est en effet extrêmement réduite et porte plus sur l’Église d’aujourd’hui. Pourtant, le 2 octobre 1997 Monseigneur Ernesto Vecchi, évêque de Bologne, affirme, lors d’une interview : "Le marketing ? C’est Jésus qui l’a forgé il y a deux mille ans."

Dans la perspective de cette analyse il convient, dans un premier temps, de vérifier à la lumière des travaux les plus récents si l’hypothèse :
- d’un "marché" des religions dans l’empire aux IIe et IIIe siècle, fait sens ;
- d’une pente suffisante de la courbe de croissance du nombre d’adeptes, pour permettre d’affirmer que le christianisme était en situation d’acquérir une « part de marché" dominante, avant la prise de pouvoir par Constantin ; les données quantitatives sont en effet primordiales pour rendre compte de la situation du marché à un instant "t" et de sa dynamique.
Ensuite, dans la mesure où cette hypothèse préalable peut faire sens, il convient, à la lumière des recherches d’historiens et des sources anciennes disponibles de :
- procéder rétrospectivement à une "étude de marché", c’est-à-dire inventorier les différentes offres religieuses (judaïsme, cultes à mystères, cultes locaux, hénothéismes, etc., sans oublier le paganisme officiel, c’est-à-dire le culte civique), leur position sur le marché, puis de déceler une tendance d’évolution de la religiosité, soit, autrement dit, du besoin des "consommateurs" ; ce, en s’interrogeant sur les raisons du succès grandissant des offres religieuses orientales, c’est-à-dire sur leurs caractéristiques de différenciation, il s’agit de se concentrer sur une investigation de type qualitatif car les qualités d’un produit/service sont primordiales pour vendre ;
- analyser le positionnement du christianisme face à ses concurrents à l’aide d’une méthode d’analyse (méthode dite des "quatre P") empruntée au marketing ainsi que du concept de "différenciation compétitive" et de cerner des facteurs clés de succès ayant pu jouer en faveur du christianisme.

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RATTACHEMENT ADMINISTRATIF ET SCIENTIFIQUE

École doctorale  : Espace, cultures, sociétés
Laboratoire  : CPAF – Textes et documents de la méditerranée antique et médiévale, AMU / CNRS

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