Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale



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Conférences à l’Alcazar (Marseille)

"Le Mahābhārata, entre histoire et préhistoire"

Mercredi 8 septembre, 17h.

Par Sylvain Brocquet, Université d’Aix-Marseille, CNRS (TDMAM, UMR 7297)

Avec plus de 90 000 strophes, le Mahābhārata est le plus long poème épique jamais composé par des hommes. Mais ce n’est pas seulement une épopée : c’est aussi un des grands textes fondateurs de la civilisation de l’Inde ancienne et une véritable encyclopédie qui, autour d’un récit cadre – l’histoire d’une guerre dynastique dont l’enjeu est la terre, avec une forte dimension eschatologique –, multiplie les récits enchâssés, les mythes qui mettent en scène dieux, héros et sages des temps anciens, les enseignements moraux, religieux et politiques, les réflexions sur le destin de l’homme, la société et le pouvoir. Rédigé entre le IIIe siècle av. et le IIIe siècle apr. J.-C., c’est un texte de transition, qui plonge ses racines dans l’Inde védique, dont il reflète le rituel sacrificiel et le panthéon, inaugure l’Inde classique et annonce l’Inde médiévale, assurant la promotion de figures divines nouvelles ou renouvelées telles que Krishna ou Shiva et contenant les prémisses de la religion dévotionnelle qui s’impose peu à peu en Inde et constitue de fondement de l’hindouisme (la Bhagavadgītā n’est-elle pas un de ses chapitres ?).
Au-delà de ce qu’il nous apprend de l’Inde, le Mahābhārata est aussi un précieux document pour ceux qui explorent la préhistoire indo-iranienne et, plus loin encore, indo-européenne. C’est à partir de l’étude de sa structure, en se fondant sur les travaux de Stieg Wikander, que Georges Dumézil a construit sa célèbre théorie des trois fonctions, dont les indices y sont nombreux et particulièrement explicites. En cela, l’épopée indienne constitue un témoignage essentiel de ce qu’ont pu être les idées et la culture indo-européennes, autant que l’histoire légendaire des origines de Rome ou la mythologie scandinave, et plus que les récits épiques ou mythologiques de la Grèce ancienne.

"Penser le rapport entre le corps et l’âme chez les philosophes arabes des IXe et Xe siècles"

Samedi 18 septembre, 14h30.

Par Jawdath Jabbour, CNRS, Université d’Aix-Marseille (TDMAM, UMR 7297)
Jawdath Jabbour, spécialiste de philosophie arabe médiévale, interviendra sur l’importance de la réflexion philosophique arabe aux IXe et Xe siècles dans l’élaboration des doctrines médiévales sur le rapport entre le corps et l’âme.
Dans le cadre de la parution de son ouvrage, De la matière à l’intellect, L’âme et la substance de l’homme dans l’œuvre d’al-Fârâbî, Paris, Vrin, à paraître en septembre 2021.

Lieu : Alcazar
58 cours Belsunce, 13001 Marseille
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