Centre Paul-Albert Février

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Galien et la philosophie arabe

Présentation du projet

Coordination du projet : Pauline Koetschet
Chargée de recherche CNRS au Centre Paul-Albert Février

Ce projet a pour objectif l’édition et la traduction de trois textes arabes médiévaux : l’Abrégé du traité Sur la méthode de traitement de Galien composé par Abū Bakr al-Rāzī (m. 925), les Doutes sur Galien du même Abū Bakr al-Rāzī et la Solution aux Doutes sur Galien de Abū al-ʿAlāʾ ibn Zuhr. Ce projet a démarré en janvier 2015 et doit se terminer fin décembre 2016.

L’équipe souhaite montrer, à travers l’analyse de ces trois textes, comment médecine et philosophie interagirent à l’époque islamique médiévale.

L’équipe coordonnée par Pauline Koetschet est constituée également de 3 chercheuses et universitaires syrienne et égyptiennes.
- Iktimal Rajab, chercheuse indépendante, Syrie.
- Nashwa Deif, maître de conférences, Université du Caire, Égypte.
- Imane Hamed, maître de conférences, Université du Caire, Égypte.

En savoir plus...

Le cœur de ce projet est occupé par la réception critique de Galien chez le philosophe et médecin arabe Abū Bakr al-Rāzī (m. 925). Il entend adopter une démarche novatrice et transdisciplinaire en étudiant comment la référence à Galien servit à Abū Bakr al-Rāzī et à ses détracteurs pour se situer dans des débats qui leur étaient contemporains et réévaluer la place de la médecine parmi les sciences. Ce projet se concentrera sur un genre scientifique qui a contribué à structurer les sciences arabes mais qui est encore peu exploité, celui des "doutes" et des "solutions" à ces doutes.
Cette recherche permettra d’éclairer d’un jour nouveau les débuts de la philosophie arabe médiévale, et en particulier les débats portant sur l’épistémologie, la philosophie naturelle, ou encore la place de la psychologie et de la biologie. Mais aussi, de renouveler profondément notre connaissance des rapports entre médecine et philosophie au début de la philosophie arabe médiévale. En effet, ces trois textes permettront aux chercheurs de reconstruire la réception de Galien chez Abū Bakr al-Rāzī et la réaction de ses successeurs. Ils pourront ainsi retrouver le fil directeur qui relie entre eux les écrits philosophiques et médicaux de l’œuvre d’Abū Bakr al-Rāzī.

Enfin, l’équipe fait l’hypothèse, qu’à travers la critique puis la défense de Galien par les détracteurs d’Abū Bakr al-Rāzī se joue un pan du vaste débat entre le platonisme et l’aristotélisme qui anima les débuts de la philosophie arabe médiévale, ainsi qu’une réflexion sur la place de la médecine parmi les sciences et en particulier le rapport de la médecine à la philosophie naturelle, mais aussi à la théologie. C’est pourquoi les chercheurs comparerons, grâce à une collaboration avec d’autres spécialistes de la philosophie arabe, le rôle joué par la critique de Galien chez al-Rāzī avec celui que cette critique joue chez les philosophes postérieurs au tournant aristotélicien, et en particulier al-Fārābī et Averroès. Ils s’intéresserons aux relations entre médecine et biologie chez les trois auteurs que sont al-Rāzī, al-Fārābī et Averroès.
En effet, la critique de Galien chez al-Rāzī tourne majoritairement autour de l’interprétation de l’héritage platonicien, dont se réclament à la fois Galien et al-Rāzī. Après le tournant aristotélicien qui marqua le devenir de la philosophie arabe à partir du Xe siècle, les théories galéniques sont âprement
discutées par les philosophes, tout en demeurant prégnantes.

L’équipe étudiera, enfin, la réception des traités biologiques d’Aristote chez al-Rāzī, sujet encore très peu abordé.

Elle espère que la mise en œuvre de ce projet montre que les frontières entre les sciences et entre les disciplines, à l’époque arabe médiévale, étaient franchies en permanence par les philosophes et les et les médecins.